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Interview: Amina Lanaya, Directrice Générale de l’UCI

Rédigé par Global Sports | Mar 11, 2019 11:56:00 AM

Mme Amina Lanaya est devenue directrice générale de l'Union cycliste internationale (UCI) en février 2018, en remplacement de Martin Gibbs, président sortant, et de la première nomination au Comité de direction suite à l'élection de David Lappartient à la présidence. Ici, Amina s’entretient avec GlobalSportsJobs pour partager son point de vue sur son cheminement de carrière qui l’a mené au monde de la compétition et aux ambitions de l’UCI en apportant le talent nécessaire pour assurer cet avenir.

Pouvez-vous partager votre parcours professionnel et comment vous êtes arrivé à votre poste actuel à l'UCI?

Qualifiée en tant qu'avocate, j'ai commencé ma carrière dans un cabinet d'avocats international, à Paris puis en Suisse. J'ai rejoint les services juridiques de l'UCI il y a environ 12 ans, avant d'être nommée au poste de directrice générale adjointe en 2013 et à celui de directrice générale intérimaire en 2017. Ce poste m'a été confirmé début 2018.

Avez-vous toujours voulu travailler pour l’UCI et devenir directrice générale ?

Non, je n’avais pas beaucoup de connaissances sur le monde du cyclisme avant de travailler pour l’UCI et je n’avais jamais imaginé qu’un jour je prendrais la direction générale de la Fédération.

Qu’est ce qui t’a motivé à débuter ta carrière et maintenant, quelles aspirations as-tu pour l’avenir?

Avant même de commencer mes études universitaires, le domaine juridique m'intéressait, mais plus pour ce que je voyais comme sa capacité à faire avancer les causes plutôt que l'amour des lois elles-mêmes. A quoi j'aspire pour l’avenir ? Contribuer à accroître l’égalité des chances dans le cyclisme, pour toutes les catégories de cyclistes et d’usagers du vélo, et voir le cyclisme occuper une place encore plus grande dans la résolution de problèmes liés à des thèmes tels que la santé publique ou la réduction du trafic motorisé.

L’UCI, comme la plupart des FI, a eu son lot de défis, quels ont été les plus difficiles et comment l’UCI l’a-t-il surmontés ?

Le rétablissement de sa crédibilité a été le principal défi du cyclisme au cours de la dernière décennie. Des progrès énormes ont été accomplis, notamment en introduisant des programmes novateurs reconnus dans la lutte contre le dopage et la fraude technologique et en mettant en place une méthode de gouvernance répondant aux normes les plus strictes.

UCI Headquarters and World Cycle Centre. Aigle, Switzerland

Alors que l'emblématique TDF vient de se terminer pour une autre année, en quoi cet événement influence-t-il la perception et l'image de l’UCI ?

Le Tour de France est avant tout une course magnifique et une superbe vitrine du cyclisme sur route. L’UCI est heureuse d’avoir un tel événement dans son calendrier international. Le grand public n’associe généralement pas l’UCI à cet événement, mais notre fédération est l’organe de réglementation du cyclisme. Les règles que nous avons définies s’appliquent donc au Tour.

Quels sont les 4 domaines clés sur lesquels l’UCI se concentre aujourd’hui pour réussir ?

Si je ne dois en citer que quatre, je mentionnerais :

  • Développer le cyclisme dans les régions du monde où le potentiel de progression est encore important - nous le faisons avec le Centre Mondial du Cyclisme UCI, notre centre de formation et d’entraînement ;
  • Renforcer la place des femmes dans notre sport, qu'il s'agisse de femmes cyclistes, de femmes de l'entourage ou de femmes occupant des postes de direction ;
  • Développer l’attractivité du cyclisme pour les coureurs, les supporters, les partenaires et toutes les autres parties prenantes - ce qui peut être atteint en innovant mais aussi en respectant notre riche patrimoine ;
  • Œuvrer pour garantir la crédibilité de notre sport - nous ne relâchons jamais nos efforts dans ce domaine, que ce soit en termes de gouvernance, de gestion ou d'éthique.

Quelle est l'importance des talents pour votre organisation ?

  • Le talent et la motivation sont deux qualités que nous recherchons lorsque nous embauchons quelqu'un. Les deux vont de pair.

Quels sont les points de vente clés de l'organisation qui permettent d'attirer ce talent ?

Notre rayonnement international, le fait que le cyclisme soit un sport à multiples facettes (compétition, loisirs et moyens de transport), la place centrale du vélo dans la société, le dynamisme de ses acteurs… et à plus petite échelle, l’atmosphère positive de notre société. siège social, les avantages sociaux des employés, le cadre géographique fantastique situé au pied des montagnes et au bord du lac Léman, ainsi que la possibilité pour les collaborateurs de faire du sport parallèlement à leur travail. Beaucoup sont des cyclistes passionnés !

Comment décrieriez-vous le talent d’aujourd’hui ?

Nous cherchons à recruter des personnes talentueuses, comme je l’ai déjà dit, mais également à développer les qualités de nos collaborateurs. Pour ce faire, nous proposons différentes formations : langue, gestion, leadership…

Quelles sont les opportunités pour les personnes entrant à l’UCI?

L'occasion de tirer le meilleur parti de leurs compétences dans un environnement qui encourage le talent et l'engagement, convivial et où vous pouvez ressentir la passion tous les jours.

Où voyez-vous l'UCI dans 5 ans? Comment cela aura-t-il changé en tant qu'organisation?

Je me vois à la tête d'une administration moderne et efficace qui aura mis en œuvre l'Agenda 2022, adopté par l'UCI en 2018. Autrement dit, je travaille pour une UCI qui régit un sport de plus en plus populaire et pratiqué à grande échelle.

Cet article a été rédigée par l’équipe éditoriale de Global Sports.